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Ce qui est établi — et ce qui reste allégué
Les procureurs généraux de Californie, du Colorado, du Kentucky et du New Jersey plaident devant le tribunal fédéral du Northern District of California. Le procès a débuté le 18 août 2026 après le rejet d’une demande de jugement sommaire de Meta.
La plainte affirme que Meta a conçu certaines fonctions de Facebook et Instagram pour favoriser un usage excessif par des mineurs, a collecté ou utilisé des données d’enfants de moins de treize ans et a minimisé des risques. Ce sont des allégations litigieuses, pas des faits judiciairement constatés.
Le rejet du jugement sommaire signifie que l’affaire pouvait aller au procès. Il ne décide ni la responsabilité ni les dommages. À la date de gel, le jury n’avait pas rendu de verdict.
Une plainte expose ce qu’une partie affirme pouvoir prouver. Un verdict dira, le cas échéant, ce qui a été juridiquement établi. Entre les deux, le droit organise la contradiction : il ne distribue pas des certitudes par communiqué de presse.
Le procès rend surtout visible la matérialité du produit. Un réglage par défaut, une recommandation, une notification, une séquence de sortie ou une vérification de l’âge ont un auteur, un objectif, des indicateurs de succès et, normalement, une trace. Le bouton « continuer » a parfois un curriculum vitæ beaucoup plus long qu’il n’en a l’air.
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Le droit regarde désormais le plan de l’architecte
Le dossier croise COPPA, droit de la consommation et choix de conception. En Europe, le RGPD et le Digital Services Act conduisent à poser une question voisine : le service protège-t-il réellement le mineur ou lui confie-t-il toute la charge de se protéger ?
L’âge déclaré, le réglage par défaut, la recommandation, la friction de sortie et la publicité sont des choix de produit. Ils deviennent des éléments de gouvernance, de preuve et, parfois, de responsabilité.
La COPPA protège les données des enfants de moins de treize ans et impose notamment, lorsqu’elle s’applique, une information des parents et un consentement parental vérifiable. La règle révisée renforce aussi les exigences touchant certains usages publicitaires, la conservation et la sécurité.
Les lignes directrices européennes traduisent l’article 28 du DSA en choix concrets : comptes privés par défaut, recommandations moins propices aux spirales de contenus, désactivation de fonctions favorisant l’usage excessif, outils de blocage réellement utilisables et assurance de l’âge proportionnée. Elles restent non contraignantes et ne garantissent pas automatiquement la conformité.
Un enfant ne devrait pas devoir comprendre seul le modèle économique du service pour réussir à s’en protéger. La protection se joue dans l’ordre des écrans, la simplicité du refus, le silence des notifications et la possibilité de partir sans parcours d’obstacles.